On aurait pu s’en douter à l’examen des retours du mail du vendredi, il y avait déjà quelques hésitants : entre «peut-être», «pas certain non plus», «trop humide», «pas assez sec», «j’ai piscine», «mon arrière-grand-mère vient de décéder», «ma maman veut pas» les mails laissaient déjà penser qu’il y aurait des défections. Mais lorsqu’au petit matin, le téléphone s’est rempli de messages divers et variés : «ma couette a besoin de moi», «je suis resté attaché aux barreaux du lit», «on a perdu les clés des menottes», «trop humide», «mon autre arrière-grand-mère vient de décéder», etc, là il a fallu se rendre à l’évidence, il ne resterait que peu de cyclistes… Et en effet, il n’y avait que Félix et Jean-Baptiste. Il faut dire que la pluie tombait, pas à grosses gouttes certes, mais elle était bien installée et pour un moment.

Comme deux valeureux nous avons décidé de partir puis d’aviser au fur et à mesure. La sortie de Saint-Arnoult s’est donc faite par l’USSA et Longvilliers puis la lisière des bois et des champs vers la Bâte. Les chasseurs étaient là mais, comme la lumière était encore faible, ils n’étaient pas encore à tirer et nous sommes passés tranquillement. De la Bâte nous avons pris par le moulin Coleau, en pédalant et discutant de choses diverses et variées (on en a profité pour dire quelques vérités sur les membres absents). Arrivés sur Bonnelles à la hauteur de la réserve naturelle, nous avons constaté que les chaussures étanches l’étaient bien mais que remplies de l’intérieur, les pieds baignaient déjà dans un jus sans doute peu ragoûtant (en rentrant il a fallu les retourner pour les vider). Mais il ne faisait pas froid et la sortie s’annonçait tout de même bien sympathique. D’ailleurs, la pluie s’est relativement calmée, et il ne restait plus qu’une fine bruine pas vraiment embêtante. Le terrain lui était détrempé, boueux par endroits certes, mais la pluie insistante avait balayé l’essentiel et les chemins n’étaient plus que des rus qui dévalaient un peu partout. On a donc traversé la forêt de Noncienne en montant par le monastère des Orantes, puis la forêt de Ronqueux pour remonter depuis Chambernoux vers Moutiers. Au lieu de rentrer par la fontaine Saint-Anne, nous avons continué pour reprendre la route Ducale et rejoindre le GR1 pour rentrer sur Saint-Arnoult. Nous n’avons croisé personne, bizarre pour la saison 😛 .

Bien que nous en ayons profité pour discuter, nous sommes rentrés assez tôt (tout juste onze heures) alors même que la distance soit tout à fait correcte en cette saison, 28km/330D+. Nous avons sans doute pédalé de façon soutenue sans nous en apercevoir, et pour une fois je suis arrivé pour la messe et non pour sa fin… J’en ai profité pour faire bénir mon vélo, récupérer deux/trois hosties pour l’apéro, claquer la bise aux dames patronnesses du coin, allumer deux cierges pour que nos retraites soient sauvées, etc. Ça m’a fait un bien fou! Depuis le temps que je me comporte comme un mécréant (je suis tout de même sorti de l’église par un Wheelie digne de Quentin)… Bon en fait, je suis rentré tout crotté et bien sagement à la maison en essayant de ne pas en mettre partout pour ne pas me faire gronder, mais ça fait plus bad boy de raconter des trucs que de dire la vérité.

Ah, si pour terminer nous avons tout de même pensé à un petit souvenir pictural qui, je trouve, illustre parfaitement notre grâce naturelle à tous les deux, il eût été dommage ne ne pas vous en faire profiter (je tiens l’original à votre disposition pour le faire imprimer en A3 et l’accrocher sur un mur) :

Souvenir des Bois de Noncienne…
Deux cyclistum-sapiens-debilus