Ce fut un séjour vraiment magnifique à tous les points de vue :
sportif, amical, décontracté, ensoleillé, joyeux et plus si affinités.

 

 

 

 

Mardi [Murol — Saint-Nectaire — La Bourboule; 2 repas 250000 kcal]

Cela commenca par l’expédition du fameux «Gang of Four» qui prit la direction de Murol chargé comme une mule pour arriver le mardi dans l’intention de débroussailler le terrain. Attendant l’ouverture du camping, le gang se remplit d’abord la panse dans un minable kebab restaurant de spécialités locales sous un soleil déjà accablant et qui ne fit que chauffer plus encore les jours suivants; les premières brûlures n’apparurent que le lendemain. Les affaires déposées, la horde sauvage s’empressa alors de rechercher du Saint-Nectaire sur le lieu de production, mais aussi du saucisson et autres produits diététiques, ainsi qu’un kebab restaurant pour le soir au Mont-Dore. Ce n’est pas pour autant qu’elle n’en profita pas pour admirer les magnifiques paysages, les cols, les puys, les forêts, les pâturages, les chamois… Et oui, réintroduits dans les années 80 on peut les admirer sur les pentes du Sancy et du Mont-Dore.

Mercredi [Mont-dore — La Bourboule; 24km 1000m+]

Au lever du lendemain, ils furent d’abord déçus par le ciel couvert et vaguement menaçant qui faisait vaciller leur premier courage; mais en passant le col de la Croix Morand, la vallée de la Bourboule révéla le temps ensoleillé de la journée. La voiture laissée à l’entrée, ils grimpèrent avant de traverser la ville pour s’attaquer aux pentes entre le Mont-Dore et la Bourboule; naïfs ils pensaient encore monter au Puy de Sancy. La première pente nécessita déjà de pousser les engins, ce qu’ils firent de bonne grâce sans deviner la suite. Depuis 1050 mètres, ils traversèrent Rigolet Haut (1220m), le Buron, Rigolet Bas, descendirent sur Savogne, descendirent encore plus fort sur le Gibeaudet et ses cascades et remontèrent par les champs sur le Prégnoux avant d’entrer à la Bourboule (800m) où ils perdirent la trace du circuit balisé. Une improvisation leur fît grimper le bois de la Bonsière où il fallut encore pousser les vélos; mais cette fois ce fut assez long et pénible même si le paysage était grandiose. Déjà à bonne hauteur, ils voyaient les Puy autour; les rus et cascades leur amenait un peu de fraîcheur fort bienvenue. L’ascension les amena à Charlannes (1250m) mais alors que le kilométrage était ridicule, le dénivelé devenait déjà bien conséquent. Ils prirent les pistes de ski de fond pour traverser le Bois de Charlannes avec le Mont-Dore en point de mire et les pins tout autour puis, amorcèrent une descente qui partant de presque 1300m les firent plonger sur la Charbonnière et le Siège vers 800m. La seconde partie de la descente était impressionnante mais le panneau sur le circuit avait bien prévenu «descente dangereuse», «les quatre» ont bien failli terminer «les trois», la grande faucheuse rôde sur les pentes et traque les imprudents… En bas, ils improvisèrent au bord du ruisseau, une pause pour refroidir les disques surchauffés et de reposer les corps endoloris et les mains crispées. Mais la nature cache ses charmes… Il fallut remonter sur Vendeix Haut, mais tout d’abord par un escalier de bois improvisé par des créatures sans doute géantes; le portage fut compliqué et plus encore lorsque l’escalier s’arrêta alors que la pente augmentât plus encore, pleine de roches et cailloux… Presque 200m à monter cycles sur le dos ou l’épaule, un calvaire… Une fois là-haut, les quatre ne furent plus que trois plus un demi spectre cramoisi. Le Gibi des bois était dans un état d’épuisement qui l’empêcha d’envisager terminer normalement. C’est péniblement qu’il rejoignit la D645 et que tous les quatre ils dévalèrent à une vitesse supersonique (+50km/h) pour entrer dans le Mont-Dore. La journée se termina par une collation arrosée au campement de base en attendant une autre partie de la troupe. Arrivèrent, dans le désordre, les Klar, Fretté, Gillard, et Lefèvre. En tous cas, le repas du soir fut bien joyeux! Les derniers arrivèrent bien tard : les Lavergne aiment se faire attendre; et on s’y plie de bonne grâce.

Jeudi [Murol — lac Pavin; 35km 1000m+]

Le jeudi, le programme fut revu à la baisse compte-tenu des dénivelés locaux. Patrick, Lionel, Philippe, Stéphane, Sébastien et Jean-Baptiste s’attaquèrent à l’ascension du lac Pavin à partir de Murol, soit partir de 800m pour atteindre 1200m. Passant par Jassat, ils montèrent direct au Pic Chauvet, bien entendu certaines parties nécessitèrent de pousser. La légende dit que l’Auvergnat radin par nature cherche à économiser de la gomme… Les courageux passèrent par Saint-Victor-la-Rivière pour atteindre Besse en Chandesse par les champs. Là, ils s’arrêtèrent afin d’admirer les buses qui chassaient le gibier à découvert. La traversée de Besse s’effectua en ville; charmante bourgade médiévale aux maisons de pierres balsaltiques (c’est mon côté géologue acquis par le savoir de Thibault qui me fait dire ça). L’équipe pris alors le GR30 pour monter sur le lac Pavin tout en s’arrêtant pour admirer les chevaux et leurs petits qui les regardaient nonchalamment. Philippe entreprit même de les nourrir d’herbes dont ils se régalèrent. Au lac Pavin, les andouilles se trompèrent, prirent une mauvaise direction et passèrent donc à côté de la merveille; mais ils furent comblés au centuple en rejoignant le lac de Montcineyre par des traces qui traversaient les pâturages dans lesquels il fallait entrer par des barrières diverses. La «pause Klar» fut bienvenue; les goinfres se nourrirent de délicieuses barres de céréales, se désaltérèrent d’eau à moitié chaude mais profitèrent de la vue magnifique. Après le repos, ils reprirent le chemin en direction du lac de Bourdouze, descendirent sur Anglard et improvisèrent la traversée du bois des Champs, mal leur en prit. La descente sportive s’arrêta net dans un cul de sac en fond de vallée qu’ils entreprirent de traverser espérant trouver le chemin indiqué sur la carte. Il leur fallu plus d’une heure pour sortir en escaladant des barbelés, en portant les vélos dans la forêt sauvage et pentue, en traversant des champs en friche, en s’égratignant en traversant une forêt de pins bien dense, en se couchant pour franchir des clotures électriques, en se mouillant pour traverser une rivière, etc. Ne manqua que les grizzly et loups pour pimenter l’affaire; quelques mythomanes entendirent les hurlements la Bête du Gévaudan qui se serait réfugiée par ici, d’autres pensèrent à «Délivrance» et crurent leur dernière heure venue. Ils finirent par rejoindre Besse bien fatigués, ayant épuisé leurs resources en eau. Heureusement, le cimetière de Besse leur offrit une fontaine d’eau bien fraîche et potable. La rentrée s’effectua en regrimpant par Serre Bas, Serre Haut puis le chemin du départ à rebours.

Durant ce périple, il paraît que certaines entreprirent de trouver un kebab restaurant afin d’assouvir leur gourmandise. Bien leur en a prit, elles avaient un petit air malicieux de contentement. Ceux qui arrivèrent durant la journée profitèrent de la piscine et du temps magnifique. Les sportifs les rejoignirent pour se détendre et bavasser dans l’eau. On s’échangea des salutations, des bienvenus; heureux de se retrouver en cet endroit.

C’est à l’heure du repas que ceux qui avaient pédalé oublièrent leur calvaire… La joyeuse troupe au presque complet (manquait encore le reste du gang Pourreau ainsi que la Gillard bleue qui ne devaient tous arriver que tard dans la nuit) s’attabla afin de s’hydrater à l’aide de diverses boissons non recommandées par la fédération. Le must fut sans aucun doute le punch coco cuvée 2017 concocté par Hélène, laquelle avait aussi préparé de délicieux «bouchons» (à manger, ceux à faire sauter vinrent ensuite). Puis vint le repas et la soirée dura tant que chacun avait quelque chose à dire, c’est-à-dire assez tard. Philippe le capitaine attendit sagement son escouade.

Vendredi [Murol — Saint-Nectaire; 20km 600m+ / 26km 900m+]

Le programme du bataillon cyclotouriste au plus grand complet qui comprenait Quentin, Dany, Martine, Sébastien, Lionel, Philippe, Jean-Baptiste, Hélène, Thibault, Patrick et Georgine fut l’assaut du Puy de Bessoles dont la rude montée annonça la descente bien rapide! Ils rejoignirent alors la Roche Romaine, vestige d’une cheminée volcanique secondaire (dixit le géologue attitré) où ils posèrent pour la postérité. La chaleur se fit déjà bien sentir et empira bien encore par la suite. Ils traversèrent le fameux village de Sapchat (où l’application pour djeun’s fut inventée dit-on ?!) et reprirent l’ascension du Puy d’Éragne où Dany exhiba ses talents d’acrobate. Georgine ayant épuisé ses réserves l’équipe se coupa en deux dans Saint-Nectaire, Georgine, Philippe, Sébastien et Philippe d’un côté rentrèrent par la route et le reste entreprit de reprendre le GR30 sur les hauteurs. Sur la route, la chaleur fut infernale, être une saucisse n’est pas enviable finalement et particulièrement à griller sur le bitume brûlant; mais ils rentrèrent sains et saufs. Durant ce périple, les enfants visitèrent une ferme pédagogique où ils purent nourrir les animaux ainsi que prendre soin de certains d’entre eux, ils observèrent aussi la laiterie et sa production de fromage.

Cette fois, la soirée venue, ils furent au complet et la tablée d’autant plus impressionnante. Par peur de manquer (un vieux réflexe car ils avaient connu la guerre et les restrictions), ils firent ripaille. La débauche commença par diverses douceurs dont Hélène, Sophie, Mumu (j’en oublie sûrement, qu’on me pardonne) ont seules le secret, le tout arrosé de boissons fermentées fort agréables aux gosiers assechés. Les feux fonctionnèrent à plein, les saucisses chantèrent à qui mieux mieux, les salades dansèrent; les drilles papotèrent faisant passer paroles bien peu philosophiques, vins et mets en tout sens, cela sous le ciel clair et étoilé, et ce jusqu’aux tartes aux pommes ou myrtilles, à la salade de fruits. On dit qu’ils ne vivaient que pour cela…et cela y ressemblait.

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Samedi [Murol — lac Pavin + retour enfants; 30km 1200m+ / 50km 1400m+]

Rendez-vous fut fixé au lac Pavin afin d’y pique-niquer tous ensemble. Les cyclistes enfourchèrent vaillamment leurs montures et grimpèrent aussi sec par le GR30. Les premières montées les mirent à très rude épreuve puisqu’il fallut encore pousser. Les freins de Jean-Baptiste lâchèrent sitôt passé la première montée, il fit le choix de redescendre aussi sec afin d’enfourcher l’engin de secours prudemment emmené par Sébastien (merci à lui donc); la descente fut vertigineuse et la vitesse prise impressionnante; bien entendu la remontée en fut autant difficile et pénible même par la route de Jassat. L’équipe continua sans lui qui fit tout son possible pour remonter à l’heure. Les paysages étaient encore une fois grandioses. Il fallu traverser des champs et pâturages clos avec de tranquilles bestiaux qui paissaient, des chemins forestiers avec franchissement d’obstacles divers, encore pousser et porter les vélos… En chemin ils firent le plein d’une source ferrugineuse qui picotait les papilles; longèrent un ruisseau aussi bruyant que bucolique. Ils mangèrent sur les hauteurs du Puy et admirèrent la beauté du lieu. Pour la descente, ils emmenèrent quelques enfants à leur plus grande joie. Il fallut emprunter quelques franchissements de clotures, descendre de longs chemins afin de rejoindre Besse en Chandesse. Une fois arrivés, ils prirent la décision de continuer quand bien même cela nécessita de grimper quelques côtes; mais les courageux petits cyclistes s’y plièrent de bonne grâce. Sur les hauteurs ils purent voir de très près les nombreuses buses qui chassaient encore dans les champs fraîchement coupés. Pour la dernière descente qui s’annonça assez compliqué deux d’entre eux rentrèrent en voiture; Cécile les attendit à Saint-Victor. Les autres comblèrent leur plaisir à passer un point au-dessus de la rivière, descendre assez vite le chein très pentu et caillouteux. Tout fut dit dans les sourires qu’ils arboraient, signe d’une fierté bien méritée.

Le soir fut encore l’occasion d’orgiaques bombances. Les barbecues chauffèrent, laissant échapper le fumet des viandes marinées. La liesse générale fut encore de mise.

Dimanche [Murol — Paris; 450km]

Habituellement considéré comme un jour agréable, celui-ci annonça le retour, les au revoir et les bouchons bien moins agréables que les précédents. La matinée fut assez tranquille, à replier les affaires, ranger les bungalows, traînasser, discuter et rire encore. Certains prirent la route dès le matin, d’autres le midi et les autres encore, en fin d’après-midi. Le repas fut l’occasion d’essayer d’écluser le reste des agapes précédentes. La mission se révéla impossible, car les parents Pourreau avaient parfaitement veillé à ce que nous ne restions pas sans denrées (un grand merci à eux en passant). Avant le départ, on en profita pour prendre une petite collation au lac Chambon où les derniers courageux se faisaient encore griller sur la plage.