15 au lever du drapeau ce matin : Sylvain, Cécile, Muriel, Stéphane, Hélène K., Sébastien, Christine, Dany, Maëlys, Philippe, Patrice S., Patrick, Margot, Ludovic et Jean-Baptiste. Il faisait très beau et chaud malgré les prédictions des machines programmées par les ingénieurs de Météo-France.

Nous sommes donc partis ensemble en commençant sans trop de difficultés afin d’amener Cécile avec nous tout en laissant les plus gaillards et gaillardes prendre des variantes aux alentours. Donc, direction Moutiers par la voie verte, Rochefort et ses bois. Nous avons ensuite grimpé le goulet ensablé qui monte sur les hauteurs entre Bullion et la Celle-les-Bordes.

Aux arrêts, chacun se libérait alors des effets en trop enfilés le matin. Ensuite nous avons descendu vers l’ancienne ferme de Chambernoux pour remonter sur les Bordes par le long chemin qui grimpe assez sérieusement. Cécile a presque tout grimpé, ses cuisses ne l’ont juste pas laissée faire les 50 derniers mètres. Nous avons traversé les Bordes pour redescendre sur le cimetière de la Celle par le chemin qui serpente. Comme le sol est encore bien sec, nous avons pris le single qui serpente en tous sens dans les sous-bois le long du ru des Enclaves, lequel est encore bien sec en son amont. Là, le groupe s’est scindé en deux afin que Cécile puisse rentrer après ses gros efforts. D’un côté Sébastien, Cécile et Christine dont les aventures sont relatées un peu plus bas. Le reste a repris sur les Enclaves puis le GR dans la forêt de Rambouillet, il est très praticable et donc très très agréable. On a ensuite repris sur Clairefontaine rt le bois de Saint-Benoît avec des très beaux sous-bois sous-bois en cet automne, et où au fur et à mesure les uns et les autres se sont séparés afin de rentrer. Au final environ 29km et 300D+.

Cette partie du texte est l’œuvre de Sébastien (merci!)

Nous partîmes à 3 (Christine, Cécile et Seb) et par un prompt renfort, nous nous vîmes 4, en arrivant à Moutiers.

Alors que nous rentrions sur un rythme pépère, après une chute de mémère (Cécile ayant mal négocié un trottoir près du lavoir), quelle ne fut pas notre surprise d’être rejoint par un Syrmaticus reevesii. Ce dernier s’est joint au groupe et gambadait à notre rythme, restant à 1 mètre de nous pendant une bonne cinquantaine de mètres.

Curieux de voir cet inconnu qui j’en suis sûr n’avait pas sa licence (ni son VTT d’ailleurs) se joindre au groupe, nous nous sommes arrêté pour engager la conversation et lui proposer de faire quelques selfies (et plus si affinités). Ce dernier s’est bien prêté à l’exercice de se faire photographier  en exhibant sa queue estimée à 1m50 environ (mais ce n’est pas la taille qui compte), il refusait toutefois tout selfie avec les filles, et se tenait à distance d’elles afin j’imagine de ne pas avoir de problème à la maison.

Monsieur ne se prenant pas pour la moitié d’un Faisan Vénéré (c’est bien l’espèce après moult recherche), il a décidé de nous escorter jusqu’à la sortie de son territoire pendant plusieurs centaines de mètres, allant même à accélérer pour rester à ma hauteur quand j’ai voulu le semer, et ce en me fixant d’un oeil fourbe qui rappelait singulièrement les Vélociraptor de Jurassic park.
Après avoir pédalé un peu fort, je me suis arrêté pour attendre les filles rester derrière, et là ce fut le brame, euh non le drame. Le volatile, ragaillardi par ma fuite et me voyant esseulé du reste du groupe, m’a sauté dessus , bec et griffes en avant. Je ne peux pas vous relater le combat qui a été aussi bref qu’intense, mais sans me vanter, je pense qu’il a bien compris qui était le mâle dominant, ne me laissant comme séquelle qu’une petite griffure quand il a pris son coup de coude.

la soit-disant griffure du mythomane patenté…

Le faisant vénéré étant bien vénère, et voyant les filles arriver pour me porter secours, il a décidé de suivre un autre groupe de VTTistes en les suivant au train. Le reste du trajet s’est déroulé sans encombre, et Christine qui devrait être chez elle à 11h30 nous a lachés à 11h45 à Rochefort pour minimiser le retard. Arrivé à la maison, j’ai réalisé  que j’avais été témoin à mon tour de la délinquance et des incivilités qui gangrènent notre belle ville de St-Arnoult, et qu’ayant réchappé miraculeusement d’un coup de bec à la carotide, je comprenais mieux pourquoi il était déconseillé de s’aventurer seul dans les bois.

Je reprends la main…

…afin d’inciter Sébastien (plus bas pompeusement dénommé prédateur terrestre) à consulter Wikipédia durant ses randonnées afin de mieux comprendre comment la nature fonctionne. À l’entrée «Faisan Vénéré et vénère)» on peut lire :

«Un mâle solitaire, surpris par un prédateur terrestre, prendra également son essor vers les arbres mais, ajoute Moynihan, le mâle vénéré a développé d’autres stratégies de défense tout à fait singulières (très différentes de celles du faisan de Colchide) surtout quand il y a des femelles avec des jeunes. Ainsi, à l’approche d’un prédateur terrestre, il tente, le plus souvent, d’aller à son encontre en adoptant des postures d’intimidation, le corps en position basse et la queue relevée ou le corps droit avec le plumage ébouriffé et les ailes pendantes. Ce comportement très agressif s’accompagne de cris. Le mâle tente ainsi d’attirer l’attention sur lui pour faire diversion et permettre ainsi aux femelles de s’échapper avec leurs jeunes. Hennache & Ottaviani (2006) ont observé des comportements d’agressivité uniques exprimés par des mâles de faisans vénérés en période de reproduction. Ainsi, un coq, né en captivité puis relâché en futaie, attaquait systématiquement les roues du moindre tracteur agricole traversant son territoire, une lisière forestière où avait été installée la volière de pré-lâcher. À plusieurs reprises, il réussit même à pénétrer dans la cabine du tracteur, dont les portes avaient été ôtées, pour attaquer le conducteur aux mains ou au visage.»

Je suggère à Sébastien de ne pas se laisser intimider plus et d’utiliser la même stratégie : «le corps en position basse et la queue relevée ou le corps droit avec le plumage ébouriffé et les ailes pendantes» ainsi que de se véhiculer dans les bois en tracteur blindé.

Trève de plaisanterie, heureusement que cela n’a pas été plus grave.

J’ai compté pour le groupe 25km et 200D+, Sébastien pourrait avoir un bonus pour avoir fait usage de sa virilité mais finalement non, quand il se battra contre Chuck Norris on en reparlera. (Chuck Norris donne fréquemment du sang à la Croix-Rouge, mais jamais le sien.).