Quel challenge de dingue! Pour rappel tout a initialement démarré par l’inscription unilatérale de Patrick sur le 140km/7000D+ de l’édition 2018. Ce dernier à bien tenté de convaincre divers membres du club d’en faire pareil, mais les réticences furent nombreuses tant les chiffres sont impressionnants; c’est Lionel qui a relevé le défi en s’inscrivant sur le 100km/5000D+; le 140 est juste trop «fou». Les mésaventures physiques de Patrick durant l’année l’ont empêché de s’aligner, on a donc soutenu Lionel tant qu’on a pu durant l’année afin de le préparer à cette épreuve incroyable sur bien d’aspects.

Faites-vous peur :

Finalement nous nous (Martine, Lionel, Romane, Patrick, Muriel, Dany et Jean-Baptiste) étions donné rendez-vous à Megève dans une chouette location que Lionel avait réservée depuis plusieurs mois. Martine et Lionel ayant trekké la semaine d’avant, c’est pourquoi Lionel avait la bonne condition d’oxygénation, ils étaient déjà sur place. À l’arrivée de la seconde équipée, vers 22h30, Lionel était déjà couché évidemment; nous nous sommes donc contentés de respecter son repos d’avant course, dommage on avait repéré le mythique Macumba pour aller faire la fête…

Le lendemain, réveil à 5h00 avec Lionel (bien sûr!), Martine, Patrick et Jean-Baptiste qui avaient décidé de suivre le champion toute la journée sur son parcours et quoi qu’il arrive. Au réveil, on sentait bien le stress qui montait même si tout le monde tentait de faire bonne figure. Et hop, 5h45 Lionel est parti sur la ligne de départ avec son vélo.

Tiens son vélo, quelle histoire! Puisqu’il trekkait la semaine précédente il n’avait pas son vélo c’est l’équipe n°2 qui l’a amené. Mais le vélo avait nécessité quelques changements de transmission pour assurer l’effort; malheureusement le revendeur traînait pour faire venir la couronne de 46 tant attendue. La veille, Patrick a mis le bon coup de pression (j’imagine la tête des gars) et ils ont fini par prêter une roue arrière entièrement équipée! Bref, ce point d’angoisse levé, Lionel a pu se concentrer sur le reste… Merci Patrick, sinon c’était la Bérézina!

Lionel a dormi avec son vélo

Nous voilà à trois à descendre en voiture sur la ligne d’arrivée. Très impressionnante avec ses 1200 coureurs. Étant inscrite au championnat du monde UCI la course est donc parfaitement organisée (aller même si ce n’est pas nécessaire au vu de la renommée voici le lien : MBRace). Lionel étant arrivé un peu tard (mais c’est notre première tentative) il était donc en queue en place 1100 environ. À quelle heure faut-il arriver pour avoir une place correcte ? Mystère. En tous cas les pros étaient partis vers 5h15 au lever du soleil. Lequel soleil ne nous a pas quitté de la journée, le temps était parfait, un ciel d’Azur! La température était sans doute un poil élevée mais Lionel ne s’en est jamais vraiment plaint. Le speaker a alors pris la parole pour galvaniser les coureurs qui étaient, pour beaucoup, impressionnés; cela se sentait vraiment.

«Doudou fait attention à toi, hein ? Sois sage!»

Que celui qui a la trouille lève la main!

Ca monte en pression (257 bars environ pour la pression sanguine)

Ce monde!


Il y avait pas mal d’accompagnants comme nous pour Lionel, femmes (et oui il y avait essentiellement des hommes sur la course même si les rares féminines vues ont vraiment fait beaucoup d’impression toute la journée!), enfants, parents, amis, etc. Et hop départ du centre de Megève pour filer au PK13 le premier ravito sur la commune voisine de Cordon. Nous pensions avoir largement le temps, mais ces fous furieux sont tous passés dans un temps d’à peine une heure pour les derniers. On s’est tout de même arrêtés pour prendre quelques photos du Mont-Blanc aux premières lueurs du jour; c’est vraiment impressionnant de beauté. On a donc vu passer Lionel sur un point aménagé mais on l’a loupé sur le ravito 400m plus loin (ils roulaient bien plus vite que la voiture). Au point d’observation, il y avait tout de même pas mal de monde pour encourager les coureurs encore très frais malgré leur moyenne de 13km/h pour les derniers! Notre petit jeu, qui devint communicatif, a consisté à les encourager par leur prénom puisque leurs plaques l’affichait en gros sur le guidon. Peu firent la tête, beaucoup étaient d’abord étonnés que l’on connaisse  leur prénom et se prirent au jeu, sourirent voire nous remercièrent de notre bonne humeur.

Zeus apparaît derrière l’Olympe

Le 753 au passage à Cordon

Le ravito de Cordon

La voiture suiveuse avec not’ bon président et la secrétaire

Le Mont-blanc (très très surfait, il est blanc quoi 🙂

À partir de ce point, ils filèrent pour monter au Col du Jaillet afin de prendre 900D+ d’un seul coup. Malheureusement il n’est pas possible de monter les voir passer là-haut, le point étant inaccessible en voiture et il aurait fallu renoncer à voir Lionel ailleurs et s’organiser bien autrement. On a donc pris notre mal en patience en espérant que ce grand trou noir ne lui réserverait aucune surprise désagréable. Nous avons contourné le massif pour rejoindre la commune de la Guiettaz au PK31. Nous y sommes arrivés vers 8h00, à notre grande surprise les coureurs pro étaient déjà passés par là, sur le passage ils installaient déjà le ravito du PK45, il était 7h45!!! Nous avons longuement attendu… Le temps passait et aucune nouvelle de Lionel. Bien qu’ils étaient tous pucés, il n’y avait pas beaucoup de points de contrôle et son «classement» restait désespérément bloqué sur 771°, distance 0km!!! Nous avons fini par penser, premièrement que le système ne fonctionnait pas encore bien, secondement qu’il n’y avait pas de problème sinon on aurait eu un coup de fil. Nous avons donc pu observer la façon dont les autres étaient organisés. Évidemment les pros et amateurs très éclairés filaient sans s’arrêter, voire ne décrochaient pas les pédales pour se ravitailler en environ 15 secondes chrono ou balançaient leur vélo à leur assistance filaient boire/manger pendant que ladite assistance nettoyait la machine, etc. Quelle organisation! Impressionnant! Notre amateurisme se faisait largement sentir. Bref au bout du long moment, Lionel a pointé le bout de son nez! Il était en forme et souriant, cela nous a bien rassuré pour la suite… Nous avons alors appris qu’il était resté coincé environ 45 minutes dans un minuscule goulet au départ de la montée vers le col. Il n’avait donc pas à rougir de sa performance physique. Patrick et Jean-Baptiste assurèrent la remise en état minimale de la machine à l’aide d’un jet d’eau à disposition et d’une burette d’huile que nous avions. La mécanique étant en bon état, nous n’avons rien touché (inutile de tenter le diable). Durant ce temps, Martine a donc câliné son «doudou» tant qu’elle a pu pendant que celui-ci se restaurait un peu. Il a eu droit à un changement complet du contenu de ses gourdasses (deux : une chargés en complément minéraux et une d’eau pure). Un petit quart d’heure et le voilà reparti.

«En attendant Yoyo» (S. Beckett)

Un bonhomme de neige denier survivant de l’hiver, nous a bien fait rire!

Les goinfres

Un chouette tandem

Ouais, j’arrive!

Une patte en l’air

Pour une fois que le président se salit les mains

Plutôt beau gosse le champion ?

Et ça pipote un petit coup

Et ça repart

Vue de dos

Le PK45 n’était pas loin par la route, à Praz-sur-Arly, on en a donc profité pour aller boire un coup à la santé du brave! Nous pensions avoir le temps compte-tenu des estimations du système de traçage, mais l’animal a fait preuve d’un sursaut inattendu! Nous avions à peine terminé notre breuvage houblonné qu’on voit passer Lionel à fond la caisse direction le ravito à 100m avec 40 minutes d’avance sur l’horaire prévu! Nous voilà à courir pour le rattraper. Là, il était fatigué. Il a sans doute voulu inconsciemment rattraper le retard pris à la montée du Jaillet mais cette erreur aurait pu lui être fatale. En tous cas, il était classé environ 270°, bravo la remontée! La performance est impressionnante mais vu qu’il lui restait le plus dur pour le 70km, il faut avouer que nous avons craint pour la suite. Lui, même était bien bien épuisé et on le sentait au bord de la rupture. On a fait ce qu’on a pu pour lui changer les idées et le remettre en bonne condition psychologique. Il s’est restauré, on lui a fait le plein mais cette fois on a rien touché sur le vélo. La chaleur commençant à monter, la boue était de toutes les façons collée et il était inutile de tenter le diable, il finira comme ça. Il a fallu lui annoncer que pour la distance qui restait il nous serait impossible de le rejoindre car tout se faisait dans la forêt ou sur les crêtes inaccessibles aux véhicules. Et le voilà reparti en nous rassurant : «ne vous inquiétez pas, ça va le faire». Il lui restait en un 900D+ et 500D+ à trouver quelque part, c’était le mystère car personne n’avait le parcours exact; on avait reconstitué ce qu’on avait pu. Là nous avons eu des nouvelles de Muriel, Romane et Dany qui nous rejoignirent pour notre ravito! Bon les produits locaux étant légers (charcuterie, fromages, etc) nous avions donc tout ce qu’il fallait pour terminer la journée! Une fois terminé on a rejoint le point d’arrivée du 70km à Megève.

PK45 à Praz-sur-Arly

VTT-StAr, la grande classe!

Allongés dans l’herbe nous regardions les coureurs passer. Il était déjà 13h30 et la barrière kilométrique pour continuer était à 14h00. Ceux qui passaient était donc déjà bien entamés physiquement! Mais beaucoup étaient heureux même si très très fatigués pour certains (on en a vu craquer derrière la ligne). À 14h00, les espoirs de voir Lionel faire le 100km disparurent, la barrière horaire est un couperet impartial! Lionel est finalement arrivé à 14h20 et en pleine forme même si les 500D+ mystérieux étaient bien caché sur les crêtes qu’il fallait monter puis descendre sans fin avec des coups de cul à 20%.

Y’avait vraiment n’importe qui dans ce bled

Tiens les revoilà les deux siamois

Je fais trop le fier!

Je suis trop content

À l’arrivée, Patrick et Jean-Baptiste on joué leur morceau préféré : «Plus près de toi…», remarquez l’effort sur les costumes «club»

La VTT-StAr : le seul et l’unique Yoyo!!!

 

Nous étions tous très heureux de sa performance car finalement il aurait été largement dans les temps pour «passer au 100». Si prochaine fois il y a, il faudra mettre au point une petite stratégie afin de minimiser les attentes ici et là.

Nous avons passé du temps à faire un peu de shopping dans le village, tandis que Martine lavait le vélo, que Lionel cherchait de l’ombre, etc. Nous avons pu voir le vainqueur du 140km arriver environ 10 minutes après Lionel… J’aurais bien aimé le voir grimper les côtes le gaillard! Les arrivants pro étaient secs comme des brindilles, sans doute plus d’eau dans le corps! Impressionnant voir effrayant! Veux qui arrivaient après avait en fait été victimes d’une fringale ou d’un coup de pompe fatal. Ce type de performance ne se joue à presque rien, c’est fou. La première féminine, si j’ai bien entendu est arrivée 20mn après, ça c’est dingue.

Mais notre Yoyo est bien notre champion! Moi j’en reste baba, même si je l’avais bien observé ces derniers temps et que j’avais prédit qu’il passerait la barrière 70 dans les temps (sans l’étranglement au premier col, il l’aurait fait!).

Bravo, bravissimo!

Bon le soir on a été se restaurer et Lionel a assuré la soirée même s’il sentait bien que son corps était un poil retourné dans tous les sens. En tous cas, il a pu rencontrer d’autres finishers et discuter des façons de faire…pour l’an prochain! Notez bien que le Dimanche il y a des courses bien plus abordables même si pas faciles. Les derniers du 70 ayant bouclé en 12h/13h environ, je me dis qu’on doit pouvoir tenter le truc… L’avenir nous le dira.

Le lendemain on a été s’en prendre plein les yeux à la mer de glace et Chamonix!

Ouah! On est beaux…surtout avec mon T-shirt finisher (je vais dormir avec au moins 10 jours)

La reine mère et la princesse sur leur trône de glace

Les Meurgers en délire

Un week-end bien plein de joie partagée!

C’est tout de même super beau Chamonix!