Il semblerait que personne n’ai été au RDV ce Dimanche. Exceptionnel! Par contre Stéphane et Jean-Baptiste ont assuré leur engagement sur l’Hivernale de Larchant.

Départ à 7h00 pétantes en covoiturage à raconter diverses choses très importantes concernant la position internationale de la France. Arrivée sur le parking de Larchant vers 8h10, le temps de descendre les machines et d’aller chercher le dossard. Nous avons croisé et salué Raymond et un autre qui s’y collaient aussi.

Il faisait froid, environ 1°C mais cela était raisonnable. Mon souvenir de la fois précédente était plutôt proche de -10°C! Nous étions assez couverts. Le temps semblait légèrement couvert à cette heure là; nous étions confiants, avec raison finalement, sur les conditions météorologiques. Départ par groupe de 4 toutes les 30 secondes environ. à 8h30 nous partons en ayant décidé de ne pas forcer pour ne pas se cuire dès le départ.

Stéphane qui en est à sa troisième tentative avait bon espoir de terminer et moi aussi pour ma seconde. La première partie est très très engagée, pas mal de montées, de bonnes parties techniques et les fameux singles qui serpentent sans fin. Pour ceux qui ne connaissent pas, il est possible de «croiser» dans les sous-bois des cyclistes qui sont en fait plus d’un kilomètre devant. Le circuit est particulièrement technique : il faut piloter avec beaucoup de justesse et des petits-coups de cul bien cassants sont là régulièrement. Même si le dénivelé n’est pas des plus importants, c’est très fatiguant. Une attention constante et stricte est nécessaire car sinon la sanction tombe directement : le guidon touche, on sort du chemin, etc. Bref c’est éprouvant physiquement et nerveusement.

Une autre partie se déroule dans un chaos de rochers typiques du massif de Fontainebleau avec par endroits des portés qui cassent bien les pattes. Stéphane a bien passé la plupart des obstacles ce qui l’a sans aucun doute économisé, car personnellement n’ayant aucune technique d’enduro les moindres trucs auxquels je ne suis jamais confronté habituellement m’obligent à descendre et porter; ce qui m’épuise sans que je m’en rende compte immédiatement.

Enfin le premier ravito qui suit immédiatement la fameuse descente en sable qui n’a rien de particulièrement impressionnante si ce n’est le sable dans lequel on s’enfonce de presque 20cm. Mon pilotage approximatif m’a fait chuter car il est très délicat de manœuvrer dans ces conditions, mais rien de bien grave, l’épaisseur de sable meuble amorti tout. Donc après environ 15km pour presque deux heures d’efforts intensifs le ravito. Je sentais déjà un peu mes quadriceps (le vaste fémoral pour les connaisseurs) sans que cela ne m’inquiète plus que ça.

Steven in action

Les discussions autour du ravito sont à peu près les mêmes, beaucoup parlent déjà de ne pas aller au bout! Je comprends à moitié que cette rando est une sorte de défi! Je note d’ailleurs que tout le long du parcours des flèches «retour direct» sont plantées régulièrement, l’abandon est donc prévu!

Miam-miam

Nous voilà repartis, avec pour rependre une petite partie d’enduro, donc encore des portés pour moi puis un long passage sur terrain «normal», c’est-à-dire des singles magnifiques dans les sous-bois éclairés du soleil de Janvier. Ce n’est pas particulièrement difficile, il n’y a que la salle qui tape un peu trop les fesses mais le pilotage reste raisonnablement gérable. On passe au milieu de cet océan de tranquillité une section très sympathique : «le «goulet de la mort» (les sections sont régulièrement nommées ainsi, il y a un même un «paradis» qui est surtout un enfer!). Le goulet de la mort donc est un grand goulet dans lequel le chemin s’engouffre en descendant et remontant d’un côté à l’autre, comme dans un half-pipe de snowboard. Très sympa! Durant cette portion du parcours nous étions seuls, en apparence seulement car en fait les randonneurs roulent tous à la même vitesse ou presque et donc on double très peu et les groupes sont assez éloignés les uns des autres.

Pause «barre»
Vidange

Voilà qu’on rejoint l’autoroute et qu’on aborde une section marquée «À partir d’ici ça monte et ça descend», ok nous sommes prévenus. De toutes les façons il manquait un peu de dénivelé il fallait donc qu’on en prenne maintenant! Et là c’est le drame! Stéphane grimpe tranquillement tandis que pour moi commence le calvaire. D’un coup les jambes passent de la souplesse de la liane à celle du béton armé. Impossible de monter et pousser n’est pas mieux. Me voilà donc obligé à détendre les quadriceps à intervalles réguliers. J’y arrive assez par moments pour pouvoir faire quelques montées à vitesse ridicule. Par contre, les singles sont vraiment très beaux. Bien entendu, il m’a fallu changer mes plaquettes arrières car le bruit m’indiquait très clairement que c’était métal/métal! On remonte sur la selle et hop encore des crampes, là cette fois j’ai décidé de faire un arrêt plus conséquent histoire d’en finir une bonne fois pour toutes : ça tient ou pas.

Le gars n’est pas serein du tout contrairement aux apparences. Séance étirements…

Ca a tenu tranquillement mais à ce moment-là je n’avais plus aucune réserve ni en barres énergétique ni en eau augmentée. Le ravito 2 n’était sans doute pas loin mais nous étions quasiment à l’heure de sa fermeture, nous avons donc palabré afin de savoir s’il fallait continuer ou pas. J’ai été sage, j’ai forçé la décision : plus de provisions, peut-être plus de ravito, la prudence est de rentrer plutôt que de se faire trop mal. Sans doute aurais-je pu tenir les 15 derniers kilomètres mais nous n’avions pas non plus le profil du parcours; bref trop d’incertitude et un état trop limite me concernant. Nous sommes rentrés par la route que nous venions de croiser; là bizarrement c’était vraiment très très facile, on peut même grimper les parties montantes sur le petit pignon et la grande couronne sans problème, même avec des crampes! Nous avons pris conscience que le terrain des sous-bois, s’il n’était pas boueux était particulièrement collant (d’où le bruit de succion!).

Pour finir nous avons pris notre petite soupe à l’oignon, notre vin chaud, notre sandwich et boisson sous le soleil. Sympa.

The famous «onion soup» from Larchant

Sur le retour, nous avons encore parlé diplomatie internationale, politique fiscale comparée des représentés au G20, constitution du Zimbabwé, etc.

Le bilan sportif : 37km / 750D+. Cette fois, c’est moi qui me suis senti le paramètre maudit de Stéphane (lequel ne semblait même pas m’en vouloir, cool le gars). Mais promis, une prochaine fois on y arrive et sans assistance électrique (qui visiblement n’aide pas non plus à finir!)

Mon aide de camp remballe les affaires

Note finale : nous manquons un peu d’entraînement hivernal mais cette randonnée est faisable si on gère correctement les efforts, une petite pratique enduro aide beaucoup à ne pas trop souffrir car sinon les portés et grimper ou descendre certains coup-de-cul use trop fort les cuisses.

Klaro / Kessi