Qui ?

Quentin, Rémy, Stéphane, Lionel et Jean-Baptiste (les meilleurs).

Où ?

Courpière, Puy-de-dôme (donc pas plat).

Quoi ?

L’enduro qu’est-ce que c’est ? La fiche wikipédia devrait vous éclairer (j’aurais dû me renseigner avant d’ailleurs). En gros on mélange du cross-country et de la descente. Le cross-country c’est ce qu’on pratique toute l’année. La descente pas vraiment!

Alors, que s’est-il passé ?

Arrival

Départ le vendredi dans l’après-midi afin de rejoindre l’hébergement organisé par le club organisateur, le «Team Dore Évasion». On a pris deux voitures, Quentin, Stéphane et Rémy dans le carrosse de Quentin, Lionel et Jean-Baptiste dans celui de Lionel.

Bien que le temps devait être beau, il n’était que chaud (très) et nous avons donc essuyé une tempête de grêle peu après Vierzon, il a fallu s’arrêter et prier, puis se faufiler parmi les branches et accidents. En tous cas, nous sommes arrivés sains et sauf sur les coups de 19 heures environ. Les organisateurs nous attendaient et nous étions les premiers! Nous avons donc eu droit à un bon accueil avec des verres de boisson jaune pétillante qui provient de fûts sous pression…

Nous avons installé nos affaires dans le dortoir de l’internat catholique de l’«Insitution Saint-Pierre» de Courpière qui constituait notre hébergement; une magnifique bâtisse en pierre qui surplombe la ville et la vallée alentour (une recherche de photos sur Internet satisfera votre curiosité). Le dortoir était à l’ancienne : lits en fer, lavabos abreuvoir, etc. Un petit côté suranné assez émouvant. Comme les lits étaient regroupés par «box» de 6, nous avons pris possession d’un box rebaptisé box-star.

Nous sommes ensuite descendus pour dîner d’un barbecue improvisé : barbaque, fromage et bière. Que de bonnes choses pour bien pédaler. Comme le RDV du petit déjeuner était pour 6h30-7h00 nous sommes allés nous coucher tranquillement vers 22h30. Il n’y avait que peu de mon à dormir le vendredi soir, donc pas trop de bûches à tronçonner.

Day 1

À l’aurore, nous avons rapidement enfilé nos équipements et sommes allés déjeuner au réfectoire du même style que le reste : une bonne vieille cantoche.

Café, chocolat, thé, céréales, pain, confiture, jus d’orange et hop. Ce matin-là, il s’agissait de monter en voiture au Col du Béal qui s’élève à 1400m et d’y partir afin de rejoindre en fin de parcours l’internat (d’où la magie du D+ pas égal au D-, si j’ai bien compris sujet de discussion de la sortie sur St-Arnoult).  Il ne faisait pas vraiment beau mais pas moche non plus, couvert, un poil menaçant mais pas froid.

Le col était visible depuis la base mais c’était vraiment bien bien au fond du paysage, nous étions un poil inquiets sur la réalité de la distance totale.

le Béal est tout tout tout au fond, oui vraiment tout au fond, le petit truc au fond… (sur la gauche)

Arrivés au col il y avait un vent à décorner un bœuf local! Nous étions légèrement couverts et le vent pénétrait plutôt bien dans les vêtements. Heureusement, nos harnachements de protection nous protégeaient pas mal. Ah, oui le style vestimenaire est enduristes est assez particulier mais on y reviendra. Nous sommes donc partis sur les sommets…vent dans le dos afin de progresser dans les champs aux alentours puis descente dans la forêt. Les arbres sont essentiellement des sapins assez anciens.

Le sol est en très grande partie recouvert d’un humus fait d’aiguilles et de mousses. C’est très joli et assez particulier car l’épaisseur en est très importante. Les chemins forestiers sont relativement praticables même si certains passage sont délicats car pleins de gros cailloux. On trouve aussi de nombreux petits cours d’eau qui courent partout, c’est très humide. Bref de quoi prendre plein de nature dans la figure!

Aïe, l’aspect bucolique est interrompu par la première spéciale. L’Enduro est une sorte de rallye, des spéciales (descentes techniques) séparées par des liaisons (montées ou descente). Nous voilà embarqués dans la première spéciale.

La pente est assez forte mais c’est encore faisable. Là aussi, un point s’impose. Tout est relatif, on dira qu’il y a deux sous-groupes les enduristes masqués et les vttistes assumés. Premier groupe : Stéphane et Rémy, second groupe les autres! Premier groupe : ils restent sur leurs vélo et prennent du plaisir, second groupe : ils essaient de rester vivants à défaut d’être sur le vélo. Néanmoins, cette première spéciale est en grande partie faisable pour moi (donc pour les autres car je suis le blaireau du week-end). Des virages où il faut déraper, des arbres entre lesquels il faut passer, des obstacles divers pour pimenter le tout (tronc, trous, bosses, tronc-trou-bosse, etc). Mais ça passe à peu près. Autre chose notable, les spéciales sont démarquées par de longues rubalises qui font le passage à suivre (ça met un peu de pression). Le dernier point est qu’une spéciale fait chuter l’altitude en peu de distance. Tous vivants, on continue à descendre essentiellement (j’imagine que chacun pensait alors qu’il faudrait bien remonter). Avant la remontée, on a eu droit à pleins de passages divers, rivières à franchir dans l’eau, sur pont de pierre, singles avec tronc, branches, rochers glissants ou pas, etc. Après avoir descendu environ 500 mètres nous avons commencé à remonter. Rappelez-vous qu’il s’agit essentiellement de descendre et monter l’ensemble des monts qui séparent le point de départ de l’arrivée. Un bon rythme de pédalage et nous voilà à remonter jusqu’à 1200m environ. Évidemment, même si les altitudes ne sont pas très importantes, on sent un peu tout de même que la respiration sportive est plus difficile en haut qu’en bas. En hop, on redescend avec bien entendu une spéciale. Comme ils en auront l’habitude, l’équipe m’attendra patiemment. Si je reste sur la monture pas mal encore, dès qu’un obstacle bizarre se dresse, mon instinct de survie me dit de le faire à pied; malgré les photographes qui traînent et qui m’invitent à faire le saut ou le truc bizarre à faire. S’il existe donc des photos et moi en spéciale, ce devrait être debout sur mes pieds, mais fièrement! En tous cas, les spéciales commencent à m’user sérieusement elles ne sont pas faites du tout pour descendre à pied! Y descendre à pied représente déjà un effort (humus, pente, obstacles) mais en retenant un vélo… Pffff. J’ai d’ailleurs fait une petite figure en passant par-dessus le vélo mais en retombant sur mes pieds.

La montée suivante consistait à remonter à 1200m. Là Stéphane montrait de sérieux signes de fatigue. En fait, les efforts étaient vraiment pas habituels et importants, nous n’avons donc pas réussit lui et moi à nous nourrir correctement! Quentin, Rémy et Lionel ne sont pas humains par conséquent je ne sais pas comment ils ont pu réussir (si j’ai une vague idée, il suffit d’observer leur ceinture abdominale et la mienne, même si ça n’explique pas tout). L’effort à fournir est de nature différente, et Rémy qui rame parfois sur St-Arnoult était comme chez lui! Stéphane et moi avons laissé les 3 cabris partir.  Une fois remonté sur l’«Hermitage» la troisième spéciale montre son nez et doit être franchie pour aller déjeuner à 400m en contrebas. Argh! Les deux première spéciales, c’était juste pour m’arnaquer! La c’est devenu du délire. Pour tout avouer, je n’ai absolument aucune idée de la façon dont on peut descendre un truc pareil sur un vélo! J’ai peut-être fait quelques mètres ici et là mais c’est à peu près tout. Le reste était un calvaire. Une fois en bas, il y avait une petite liaison afin de rejoindre le local municipal d’une petite bourgade auvergnate : Vollore-Montagne. Le soleil était de la partie et on commençait à cuire. On arrive au repas penauds vers 14h00. Mais pas de honte à avoir, nous n’étions pas parmi les derniers du tout! En fait, tout le monde souffrait, et d’ailleurs on ne nous doublait pas vraiment depuis le début, pas plus que nous doublions d’ailleurs. En montée par contre, nous rattrapions ces pauvres enduristes obligés de grimper avec un matériel pas vraiment fait pour ça. Bref. Lionel, Quentin et Rémy avait fait usage de leur sens de l’orientation et de la lecture des balises pour rater la spéciale, et nous nous sommes retrouvés en bas. Le repas, dont l’organisation nous semblait curieuse, était en fait essentiel.

fait pas chier, j’ai la dalle…

Nous avons tout dévoré, ni une ni deux, et avons profité du soleil pour prendre du repos (comme tout le monde en fait). Le reste du parcours consistait à remonter encore assez longtemps pour faire une spéciale dont on nous rebattait les oreilles. D’un commun accord nous avons décidé de couper cette boucle qui de toutes les façons était au programme du lendemain et de rentrer. En partant, d’autres arrivaient encore pour manger… Nous avons donc coupé, mais nous n’étions pas les seuls (ah les fourbes!); tout le monde était cuit de chez cuit. La dernière partie n’était pas vraiment difficile, même s’il ya avait des pièges de cross-country habituels. La dernière spéciale était un «dual». Organisé dans un champ pentu (mais très raisonnablement), il s’agissait d’un parcours en slalom avec deux couloirs : deux cyclistes partent ensemble et le premier arrivé gagne. Certains envoient vraiment, Nous nous sommes descendus. D’abord Quentin et Lionel :


Stéphane et Rémy ont même sauté le tremplin final. Moi j’ai fait le dual avec un ancien enduriste qui faisait de la compét’ dans sa jeunesse; il avait insisté pour que je me lance avec lui en toute gentillesse, il avait bien vu que j’étais un nullard. Bon, je l’ai vu au départ, puis son short et plus rien qu’un point au loin! Il doit bien exister des photos mais j’ai tout racheté à prix d’or. Nous sommes alors rentrés à la base il devait être 16h30/17h00. Juste à côté de Courpière, nous sommes passés devant la base FFCT des «4 vents». Mon garmin ayant fait défaut de batterie, je n’ai pas la totalité des performances, mais ça doit être environ 45km (min.) 1100D+ et 2000D-. Lionel et Quentin sont alors partis avec les organisateurs récupérer leurs voitures qui avaient passé la journée au Béal. Au nettoyage, une très mauvaise surprise nous a pris au dépourvu, un hauban arrière du vélo de Lionel montrait une très nette brisure. Son moral est tombé direct sous le niveau de la mer, et nous autres étions tout aussi désemparés. Nous avons bien tenté diverses choses pour conjurer le sort, imaginer des tas de scénarios dont l’abandon groupé, etc. Seul le temps et un peu de repos a fait l’affaire, même s’il y avait un peu de mélancolie, la soirée a été bonne. D’abord de la bière autour de la fontaine magique puis un repas à la cantoche : saucisses et Aligot. Puis les organisateurs ont proposé à Lionel de lui prêter un vélo pour faire sa rando du lendemain (il avait décidé à l’avance de ne pas faire l’enduro du Dimanche mais le 60/1200 de la rando). Ils n’y ont pas été de main morte, ils lui ont prêté un vélo de fou, un Liteville. Bon je fais le malin mais je ne connaissais même pas la marque. Un peu lourd mais après tout c’est pour l’enduro. Les pupilles de Lionel avaient alors repris un peu de brillant. Coucher, ronflatures…

Relive ‘Enduforez 1 (partiel)’

Day 2

Debouts à 6h30, Lionel pour partir à 7h30 sur le 60 et nous autres pour le bus qui devait nous monter. La nuit était un peu courte et la fatigue était encore là. Les vélos avaient été chargés en partie la veille dans des camionnettes et au matin de nouvelles recrues se sont présentées pour faire l’enduro du Dimanche. La veille nous devions être moins de 50, le Dimanche nous étions un peu moins de 60.

Dieu éclaire notre chemin

Bref à 8h30 hop, tous dans le bus. Une armée de Robocop entre dans un bus puis en ressort une heure après au sommet. C’est vraiment Robocop, ils sont équipés de coudières, genouillères, dorsales, épaulières, j’en passe et des meilleures. Au début je pensais qu’ils étaient vraiment super costauds, mais c’est du bidon (enfin pas totalement non plus). Les escrocs! C’est en tous cas rigolo à observer.

Le bus nous a monté à 1200m, à l’«Hermitage» de la veille soit…la spéciale que je n’avais pas aimé du tout. Hop c’est reparti, je fais encore vaguement semblant à certains endroits. Nous avions bien pris soin de laisser passer les dingos pour ne pas les gêner. Une fois en bas, pas de tricherie cette fois il fallait monter la fameuse «boucle» de la veille : la Pierre Pamole. Une longue montée bien fatiguante qui mène vers un magnifique panorama à 360°, le temps était découvert à ce moment-là, c’était très très beau.

Je n’aurais jamais dû lire le panneau qui annonçait la spéciale de Pamole : « mefia té», ouais j’aurais dû. J’aurais préféré faire celle de l’«Hermitage» toute la journée! Une pente pas possible, des marches de pierres infernales, des sauts pas possibles… Évidemment une fois en bas, Rémy me dit qu’il est passé histoire de me dégouter au possible. Les enduristes arrivent frais et joyeux en disant « ouais ça envoie moyen, franchement on a pas de quoi prendre de la vitesse ». J’en ai pourtant (enfin) vu passer quelques-uns : ça ressemble un une sorte de 35 tonnes lancé à la vitesse d’un TGV roulant sur des cahots de pierre, un bruit infernal! Ils volent littéralement d’un obstacle à l’autre… Bref je n’ai plus d’espoir d’y arriver. Bien entendu j’ai souffert la misère de l’effort consenti à descendre le truc en essayant de ne pas tomber à pied! Vous pouvez retrouver la trace et observer au kilomètre 8.5 la chute vertigineuse, la pente est indiquée à 50% par endroits, et non ce ne sont pas des erreurs de mesure du GPS! Ensuite c’était une succession de montée/descente de cross-country jusqu’au ravito.

Notre technique de XC nous faisait remonter la longue file des enduristes qui peinaient. Ceux qui avaient roulé la veille étaient dans un état! Sur le petit plan je pensais en avoir fini et cela me permettait de faire remonter le moral. On descend, on fait même une spéciale largement abordable que j’ai pu faire (sans doute une spéciale nullissime pour les autres). C’était pas trop pentu, mais tout de même, mais c’était surtout dégagé, je pouvais donc anticiper et deviner ce qu’il y avait à faire et y arriver! Comme il n’y avait pas d’obstacle, je suis arrivé en bas fier de moi. (J’avoue que la spéciale était peut-être juste avant le ravito). Bref, au ravito je bouffe tout le sifflard qui traîne, les bananes, etc. On repars et je me dis que c’est terminé car c’est quasiment la fin de la journée de la veille. Erreur! Il y avait bien une foutue descente à flanc de colline où l’on a dépassé les 50km/h puis un petit virage pour finir avec : un panneau de spéciale! Argh! Celle-là m’a écœuré, mais vraiment. Comme je ne m’y attendais pas, le moral tombât direct dans les chaussettes. C’était une chemin en creux de pente assez raisonnable mais dont le contenu lui ne l’était pas. Un chaos de pierres absolument illisible pour moi. J’aurais bien revendu mon vélo+mon équipement+ma licence pour 1€ au premier venu. Là, j’ai vraiment mis beaucoup de temps, l’épuisement ne me permettait pas d’arriver à surmonter ce truc pas vraiment méchant en fait. Bon, l’équipe a été patiente et m’attendait bien fraîche en bas. Rémy m’a encore avoué qu’il avait bien descendu le tout et que c’était cool. Pffff. Ensuite nous avons rejoint le dual de la veille que j’ai descendu avec mon compagnon d’infortune, Stéphane, qui était aussi bien cuit. Ils avaient lâché le drone pour nous filmer, je croyais être poursuivi par un moustique-tigre. Le téléphone se mis à sonner à plusieurs reprises : Lionel qui devait s’impatienter un peu à la base, Martine et les photos de la sortie club, Sébastien et ses vidéos… Nous sommes rentrés tout aussi cuits les uns que les autres mais fiers d’avoir réussi ce truc. Le bilan de la journée c’est 35km, 1100D+/2000D-, à peu de choses près.

Bilan

Un bilan sportif assez conséquent : car sans doute plus de 80km, 2000D+, 4000D-, avec des ascensions de bonne facture (beaucoup classées 4 sur Strava).

Je reprendrais bien un peu d’une telle rando une prochaine fois (mais j’étudierais des échappatoires de «spéciales».