L’Ardèche comment ça marche ?

Bon le voyage est passablement long mais sitôt passé Clermont-Ferrand, on traverse le parc du Livradois-Forez et là…c’est incroyablement magnifique! Une visite en hiver devrait aussi produire le même bonheur. Un immense plateau entouré de petits monts ronds et dodus boisés de pins et sapins divers et variés. Une verdure… Une fois passé en Ardèche c’est une autre histoire! Les pentes sont sévères et la descente des Gorges du Puy-en-Velay à Aubenas est particulièrement spectaculaire. Notez qu’il faut vraiment ménager vos freins, ils chauffent tellement qu’on a du mal à ralentir! Bref. Cela laisse penser que le pédalage va être compliqué… Ah, j’allais oublier qu’il ne faut pas hésiter à s’arrêter en route dans n’importe laquelle des boucheries-charcuteries du coin : à faire craquer un végan! On a donc fait quelques emplettes que nous ne regrettons pas.

Bref, une fois arrivés on constate qu’on a oublié les cartes et topo-guides. Heureusement, la numérisation du monde est arrivée jusqu’à Aubenas! Bref, épluchage d’Internet, tri des parcours, etc. Il y a bien des trucs sympas, des 60km avec des D+ rigolotes… L’idée m’est venue de retenter d’utiliser mon Garmin Edge 25 pour faire du guidage et j’ai fini par trouver LE site qui fait les conversions nécessaires! Restait plus qu’à tenter le coup. Ensuite, nous avons enfin vaincu notre timidité pour aller demander cartes et topoguides à l’équipe d’accueil du camping (Le plan d’eau à Saint-Privat, une équipe vraiment super sympa; bref à ce jour une bonne adresse car il est aussi situé en bord d’Ardèche.).

Le Dimanche…

Bon nous savions que nous ne partirions pas tôt, on en a donc profité pour se faire livrer pain avec et sans chocolat! On a tenté de trouver quelque chose d’ouvert mais peine perdue, les traditions perdurent dans ces contrées, le Dimanche est jour de repos. Nous avons donc décidé pour le premier jour de faire un truc tranquille : Le papillon de Balazuc, un 37km avec 780D+. Il s’appelle le Papillon car la trace est digne de l’équipe féminine du club (comprend qui veut). C’est donc vers 11 heures qu’on débarque à Lanas, le point de départ mais aussi le lieu d’un brocante et il nous est impossible de trouver une place pour se garer. On fini donc par rejoindre un parking au bord de l’Ardèche et qui était en fait le vrai point de départ de la rando! On part tranquillement le long de l’Ardèche et hop premier obstacle, la rivière a été détournée à la fois par un barrage de castors et les pluies diluviennes, le chemin a donc totalement disparu, c’est maintenant l’Ardèche!

Nous avons perdu beaucoup de temps à trouver un autre chemin, surtout que des joggeuses nous ont mal aiguillé mais bon. On a trouvé et réussi à rejoindre Balazuc par les «gras», si j’ai bien compris c’est le nom donné aux plateaux de roche qui font des chemins sous la falaise, c’est impressionnant.

Ah, encore un oubli : il y avait du portage et donc de quoi s’user prématurément. Je crois les Ardéchois facétieux car la rando était censée être sans portage, à moins d’avoir oublié de prendre l’âne qui va avec ? Bref, ce ne sera certainement pas la dernière fois que nous porterons. Au fait, Balazuc c’est très très beau, un magnifique village en hauteur de l’Ardèche et un pont à grandes arches qui traverse.

Bien entendu il a fallu monter sur les hauteurs de Balazuc! L’épreuve infernale! Les côtés ici sont du genre très très pentues mais en plus pleines de pierres et roches qui roulent! Nos montées à partir d’ici furent donc parfois hasardeuses et il a fallu porter ou pousser. La chaleur se faisait déjà sentir à ce moment et en passant à côté des maisons on sentait les grillades. Nous qui avions le ventre vide… Nous avons suivi de jolis chemins et singles pour rejoindre Pradons, le point sud de la rando.

Là, la chaleur était à son comble. Il fallu monter  sur le plateau qui surplombe l’Ardèche et les montées ici c’est minimum 150D+, le reste ne compte même pas (et je ne parle pas de la pente).

C’était très très beau, y compris sur le plateau qui était en fait un Causse, donc un désert presque sans végétation. La chaleur du soleil de 14 heures, la réverbération des pierres, etc, ça m’a cuit direct.

À partir de là, ma progression était en pointillés (de plus en plus espacés), il me fallait 10 minutes pour faire redescendre raisonnablement la température corporelle. Lionel lui grimpait tranquillou, bref, un jeunot. Il a fallu aussi changer aussi une chambre à air sous le cagnard. Heureusement, un arbrisseau d’1m80 nous a fait assez d’ombre pour nous (me) reposer. S’asseoir dans le thym sauvage qui pique les fesses et ravi les narines est une expérience à vivre. On a fait des descentes dantesques pour rejoindre Balazuc en descendant parfois à pied et avec difficultés! Une fois là, hop on regrimpe via le bitume bien chaud jusqu’en haut. Ensuite c’était plus agréable car boisé donc supportable, mais les montées et descentes étaient du même acabit que précédemment. Nous sommes rentrés nous hydrater vite fait, il ne restait rien dans les gourdes! C’était vraiment super, même si j’ai souffert de la chaleur. C’est très très varié en tous genres : techniques, paysages.

Au final 37km et 780D+, une bière et du sifflard local.